Jean-Claude Laprie, ancien directeur du LAAS, et Simon Thorpe, chercheur au Centre de Recherche Cerveau et Cognition (CNRS) ont été récompensés pour leurs travaux scientifiques et les applications qui en découlent. Ce dernier est à l’origine de la start-up Spikenet Technology.

Jean-Claude Laprie, ancien directeur du LAAS, est un pionnier de la sécurité informatique. Photo Patrick Dumas
Deux toulousains se distinguent cette année parmi les lauréats des prix de l’Académie des Sciences (1). Jean-Claude Laprie, directeur du LAAS (2) de 1997 à 2002, reçoit le prix “informatique” parrainé par la fondation d’entreprise EADS. Ses travaux dans le domaine des systèmes informatiques et électroniques critiques, qui interviennent notamment en avionique, dans le transport ferroviaire, la production et distribution d’électricité, sont au cœur de son œuvre. Il a en outre introduit le concept de “résilience informatique”, qui désigne la capacité d’un système à continuer son fonctionnement dans un contexte de pannes ou d’instabilité. (3).
Jean-Claude Laprie avait déjà reçu la médaille d’argent du CNRS.
Les mécanismes neuronaux de la vision élucidés

Simon Thorpe a mis en évidence la manière dont le cerveau traite l'information visuelle. Crédit photo : S. Godefroy/CNRS photothèque
Quant à Simon Thorpe, il est le récipiendaire du prix Michel Montpetit, parrainé par l’INRIA (Institut national de la recherche en informatique et automatique). Ce sont ses travaux dans le domaine de la vision qui ont été mis en lumière. Directeur de recherches au laboratoire Centre de Recherche Cerveau et Cognition (Cerco), sous tutelle du CNRS, il est l’auteur d’un article de référence qui a apporté une compréhension inattendue à la manière dont le cerveau identifie les images qui lui sont transmises par l’œil via le nerf optique. « On imaginait jusqu’à présent que le cerveau, lorsqu’il recevait une image captée par l’œil, la divisait en segments, pour ensuite préciser l’image, en divisant encore ces segments de plus en plus finement. Mais ce n’est pas le cas. L’image est identifiée très rapidement, en à peine 150 millisecondes, grâce à la détection de formes élémentaires déjà connues par des neurones spécialisés », explique Simon Thorpe.
Une découverte qui est au centre de l’innovation d’une start-up toulousaine, Spikenet Technologies. Son produit phare : une solution logicielle qui permet d’identifier des formes dans une image photographique ou une vidéo. « Nous avons élaboré un algorithme qui reproduit le mécanisme d’apprentissage de la vision. Des formes élémentaires sont identifiées dans l’image, et on simule le fonctionnement des neurones, tel qu’il se produit dans le cerveau », précise le chercheur.<
La société est aujourd’hui engagée dans des applications qui intéressent tant les acteurs de la publicité que de la sécurité ou de l’internet. Pour en savoir plus, on pourra lire cet article.
Frédéric Dessort, en partenariat avec Midenews.com
(1) Au nombre de 76 exactement, dont la Grande Médaille, ils sont attribués en partenariat avec une entreprise, une fondation ou un laboratoire.
(2) Le Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes est le plus gros laboratoire français en unité propre du CNRS
(3) Jean-Claude Laprie est à l’origine du réseau d’excellence européen “Resilience for Survivability in Information Society Technologies” http://www2.laas.fr/RESIST/index.html
Eric Carlen, chercheur à l’Université de Rutgers (New Jersey, Etats-Unis), précédemment à l’Université de Georgia Tech (Georgie, Etats-Unis), est un de ses spécialistes mondialement reconnus de la science mathématique des probabilités. Il était l’invité, le 15 juin, de Midi-Pyrénées Innovation (*) et de l’Institut de Mathématiques de Toulouse, au titre de la chaire d’excellence Pierre de Fermat, dont il est l’un des titulaires.
Dominique Bakry, enseignant-chercheur à l’Institut de Mathématiques de Toulouse. Photo Patrick Dumas.

21 septembre 2001 : l’usine AZF explose. Bilan : 30 morts, des milliers de blessés et une ville durablement touchée. Le procès a débuté le 23 février. Au delà des causes techniques de l’explosion, Gilbert de Terssac et Irène Gaillard, chercheurs au Certop (Centre d’étude et de recherche travail organisation pouvoir, Maison des sciences humaines et sociales, Université du Mirail – CNRS), ont réuni dans un ouvrage (*) le travail de 16 chercheurs en sciences humaines et sociales qui apportent un éclairage original sur la catastrophe. Interview.