
Le "spirit of corsica" a subi de nombreux essais au sol. Crédit photographique ISAE - ENAC
Il y aura 100 ans en juillet prochain que Louis Blériot décollait de Calais et traversait la Manche. Quatre élèves-ingénieurs et un doctorant de l’Isae (Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace) et cinq de leurs collègues de l’Enac (Ecole nationale de l’aviation civile) vont lui rendre hommage à leur manière. Le 9 juillet prochain, le drone (avion sans pilote) qu’ils ont conçu va s’élancer pour traverser la Méditerranée de Nice à Calvi (Corse), soit 175km, en totale autonomie. Et ce alors que l’engin, tout électrique, d’une envergure de 1,5m et d’une longueur de 90 cm, ne pèse que 3kg. Le but était évidemment de faire plancher les élèves-ingénieurs sur un engin économe tout en ayant un long rayon d’action. Mais pas seulement.
Des SMS au dessus de la mer
Car pendant les 2h45 que durera la traversée, l’engin, qui se dirige seul grâce au pilote automatique développé par l’Enac, doit donner sa position « Pour cela, nous utilisons le réseau de téléphonie mobile qu’emploient les ferries qui font la traversée entre le continent et la Corse. Toutes les minutes, l’avion nous envoie un texto avec ses coordonnées GPS », explique Jean-Marie Dumont, étudiant à l’Isae. Les applications d’un tel engin ? « Des missions longues et fastidieuses comme le sauvetage en mer ou la détection de feux de forêt. Mais aussi mesurer avec précision la couverture GSM de régions mal desservies » souligne Jean-Marc Moschetta, professeur à l’Isae et responsable du projet. Pour l’heure, l’avion n’a pas encore de nom mais quelqu’un a proposé – en hommage au Spirit of Saint-Louis, avec lequel Charles Lindbergh traversa l’Atlantique en 1927 – de le baptiser… « Spirit of Corsica »
Jean-François Haït